« Chaque livre doit être une réussite et un plaisir de création« . Arnaud Bizalion, enfant d’Arles, a monté voici deux ans sa maison d’édition, spécialisée dans la photographie et l’art. Des secteurs difficiles mais ce fils de « vendeur de clous », comme il se définit, ne se voyait pas travailler dans un autre domaine que celui de l’art. « Arles, c’est un environnement favorable. L’art transpire des murs. J’ai travaillé comme laborantin aux Rencontres, j’y ai suivi des stages avec de grands photographes« .
Aujourd’hui, il mène son aventure éditoriale avec sensibilité et pragmatisme. Quand il édite un auteur, c’est dit-il, en combinant trois ingrédients indispensables : l’intérêt photographique, la bonne entente avec cet auteur et la juste mesure du risque financier. Chaque ouvrage fait l’objet d’un travail précis, mené en collaboration avec l’auteur pour trouver la juste forme qui séduira le public.
« Les années Beauduc », sorti récemment, est la parfaite illustration de cette méthode. Cécil Mathieu, le photographe, a passé plusieurs séjours de trois semaines, voici douze ans, sur la dernière plage sauvage de la Méditerranée, au milieu de ces vacanciers hors normes, un peu fauchés, un peu aventuriers. Arnaud Bizalion a ressorti les planches contact, opéré des choix drastiques pour 81 images qui racontent un plaisir de vivre en toute liberté. Le choix, validé par l’auteur, est réuni dans cet ouvrage de petit format : « il faut que le livre soit en adéquation avec le sujet » précise l’éditeur.
Rencontrer des auteurs, provoquer la rencontre avec le public, c’est toute l’ambition de cette maison d’édition et de son fondateur : « éditer, c’est un véritable investissement personnel et sensible« .
Parmi les ouvrages récemment édités : « Pluie noire » de Lucie Jean, dont les photos sont exposées à la Galerie des comptoirs arlésiens de la jeune photographie, 2, rue Jouvène, jusqu’au 27 septembre.